vendredi 7 août 2009

Esperluette & Ampersand

Esperluette en français,
Ampersand en anglais.
Provient du Latin : E-T collés !

Pourquoi ce graphisme est-il aussi passionnant ?
Sans doute pour les courbes, sans doute pour l'union :
union du figurant union du figuré ...
comment ne pas l'aimer ?



L'expression du jour

Dessiller les yeux de quelqu'un : l'amener à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
Dessiller ou déciller ? Car Dessiller provient de ciller, terme employé au XVII ème siècle au sens de "coudre les paupières" du faucon que l'on dressait.

lundi 3 août 2009

L'Inconnu d'Aix - Alexandre Glikine (2008)


L'écoute d'un CD déniché dans une petite boutique de musique bouleverse Sebastien, grand mélomane et musicien, comme jamais musique ne l'a fait auparavant et sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. A partir de cet instant, visions auditives et visuelles poussent le narrateur a comprendre ce que Jean-Baptiste Miroglio, compositeur d'un autre temps, veut lui dire. D'Aix a Sisteron, d'aujourd'hui au XVIII ème siècle, de la musique aux couleurs, il essaye de comprendre, puis de vivre ce que la musique lui offre pudiquement.
Premier roman d'Alexandre Glikine, L'Inconnu d'Aix est un livre sensuel et doucement historique. Sensuel car il est question de musique, d'images, de sensation - impressionnistes parfois, synesthesique du moins. Historique car c'est un voyage dans le temps, une connexion temporelle entre lieux, personnes et sentiments. Un livre magique dans lequel les images et la musique flottent dans un brouillard indistinct perdu entre certitudes et doutes, souvenirs réels ou fictifs, preuves intangibles ou rêvées. Voyage en tout cas : voyage musical, temporel dans ce XVIII eme français et italien, spatial dans le Sud français et notamment dans le merveilleux village de Sisteron.
Verts acides, verts profonds, rouges indécents - bleus inatteignables, et accords délicieusement tempérés a l'ancienne, la poésie - d'abord lointain air d'autrefois, croit d'amplitude jusqu'à devenir symphonie enivrante et omniprésente, et ne s'évapore que lentement après avoir refermé le livre ...

samedi 25 juillet 2009

De la supériorité des femmes - Alexandre Lacroix


Alexandre a la trentaine, obsédé par le sexe et imbu de soi, insupportable souvent, sûr de lui à chaque fois. Il vit en couple avec Mathilde depuis 12 ans, dont il a un fils. Ils ont habité Paris, sont partis se couper du monde des années en Bourgogne, et les voilà de retour à Paris. Mais voilà ... un jour Mathilde quitte le poulpe qui ne pense qu'à "baiser", et celui-ci se plonge braguette ouverte dans le monde des femmes. Mais douze ans et un enfant ne laissent pas un homme indemne.
Ce livre, c'est l'homme qui se réveille et qui comprend qu'il aime, sans toutefois pouvoir se passer du sexe. C'est le dédoublement du moi en la personne sociale : méprisante, libidineuse, tournée sur son propre plaisir, et la moi intime du couple : prête à assumer toutes les humiliations au nom d'un amour depuis longtemps détruit par la personne sociale, incroyablement endurante dans la privation, dans la torture, dans l'attente. C'est la cohabitation plus que le conflit de ces deux moi, qui chacun ont investit leur terrain.
Un livre dégoulinant de sexe à chaque page. Non, pas érotique, cru seulement. Sodomie, orgasme, masturbation, sucer, voilà les mots omniprésents dans ce texte. La blonde, la brune, où, comment, combien. Voilà l'action du livre. Quant à l'écriture, elle est la plupart du temps pauvre ; ponctuellement, on croise un adjectif pompeux ou vieilli, comme une planche de bois rescapée d'un naufrage. On se demande bien ce qu'il fait là, lui, le mot, lui Alexandre. Quelques références à la philisophie, à la psychanalyse. Rien de bien profond : ca ne va pas plus loin que l'introduction d'un cours de philosophie du secondaire. Toutefois, on en vient à se questionner vraiment sur les hommes ... et sur leur infériorité.