lundi 15 novembre 2010
jeudi 10 juin 2010
A venir : Une éducation libertine, Jean-Bapiste Del Amo
Une éducation libertine est un roman d'apprentissage homosexuel, pervers, étouffant mais merveilleusement écrit. Fin du XVIIIième siècle, Gaspard quitte son Quimper natal pour la capitale. Comme tant d'autres, il rêve de s'élever dans la société, percer dans le monde et quitter la fange sale et puante populaire. Il n'y a effet dans le Paris d'en bas qu'odeurs de saletés, chairs purulentes, estomacs bileux, sexe froid sans aucune pudeur. La Seine, à elle seule, symbolise ce Paris qui sans cesse attire et repousse Gaspard : y flottent des cadavres, des têtes de nourrissons à moitiés mangées par les créatures fluviales, mêlées aux excréments, vomis, boyaux et déchets de la ville entière. (...)
mardi 1 juin 2010
L'élégance du hérisson - Muriel Barbery
L'élégance du hérisson pourrait être un conte pour petites filles, il pourrait être une histoire d'ado, ou encore un que-sais-je sur la culture générale, il pourrait être une ode à l'Art et à la pensée. Il est un peu tout à la fois. Bien écrit mais maladroit parfois, profond mais superficiel, vrai mais tellement caricatural. Il laisse un drôle de goût dans la bouche.L'élégance du hérisson, c'est deux histoires en parallèles, racontées par deux non-femmes que tous oppose et que tout rapproche. Une gamine surdouée de la grande bourgeoisie parisienne qui attend son treizième anniversaire pour se suicider et une vieille concierge esthète qui simule depuis toujours la concierge goguenarde et bornée. Deux personnes que le monde extérieur ne comprend pas, mais qu'elles comprennent si justement. Deux personnes qui ont en commun l'amour de l'Art, de la vérité et l'écriture d'un journal. Toute une histoire en oxymores, comme l'annonce déjà le titre. Un jour arrive un nouveau propriétaire dans le riche immeuble parisien comme s'infiltre un courant d'air frais dans une pièce étouffante. Il apporte avec lui le souffle délicat du Japon, tout en parlant de littérature russe.
Il est difficile de s'en faire une idée figée. Désespérément naïf, légèrement manichéen, on se surprend quand même à aimer, à soupirer, à rêver. Peut-être est-ce l'infini des références et citations, de Purcell à Eminem, des petits hollandais au design japonais, de Tolstoï à Ozu. Mais il y a un peu plus. Il y a les camélias. Il y a la fraîcheur. La complicité intellectuelle. La critique du vide de sens.
A lire ? Je ne saurais dire. Mais dans le cas affirmatif, à savourer, un petit peu.
vendredi 7 août 2009
Esperluette & Ampersand
L'expression du jour
Dessiller les yeux de quelqu'un : l'amener à voir ce qu'il ignorait ou voulait ignorer.
Dessiller ou déciller ? Car Dessiller provient de ciller, terme employé au XVII ème siècle au sens de "coudre les paupières" du faucon que l'on dressait.
Dessiller ou déciller ? Car Dessiller provient de ciller, terme employé au XVII ème siècle au sens de "coudre les paupières" du faucon que l'on dressait.
lundi 3 août 2009
L'Inconnu d'Aix - Alexandre Glikine (2008)

L'écoute d'un CD déniché dans une petite boutique de musique bouleverse Sebastien, grand mélomane et musicien, comme jamais musique ne l'a fait auparavant et sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. A partir de cet instant, visions auditives et visuelles poussent le narrateur a comprendre ce que Jean-Baptiste Miroglio, compositeur d'un autre temps, veut lui dire. D'Aix a Sisteron, d'aujourd'hui au XVIII ème siècle, de la musique aux couleurs, il essaye de comprendre, puis de vivre ce que la musique lui offre pudiquement.
Premier roman d'Alexandre Glikine, L'Inconnu d'Aix est un livre sensuel et doucement historique. Sensuel car il est question de musique, d'images, de sensation - impressionnistes parfois, synesthesique du moins. Historique car c'est un voyage dans le temps, une connexion temporelle entre lieux, personnes et sentiments. Un livre magique dans lequel les images et la musique flottent dans un brouillard indistinct perdu entre certitudes et doutes, souvenirs réels ou fictifs, preuves intangibles ou rêvées. Voyage en tout cas : voyage musical, temporel dans ce XVIII eme français et italien, spatial dans le Sud français et notamment dans le merveilleux village de Sisteron.
Verts acides, verts profonds, rouges indécents - bleus inatteignables, et accords délicieusement tempérés a l'ancienne, la poésie - d'abord lointain air d'autrefois, croit d'amplitude jusqu'à devenir symphonie enivrante et omniprésente, et ne s'évapore que lentement après avoir refermé le livre ...
Premier roman d'Alexandre Glikine, L'Inconnu d'Aix est un livre sensuel et doucement historique. Sensuel car il est question de musique, d'images, de sensation - impressionnistes parfois, synesthesique du moins. Historique car c'est un voyage dans le temps, une connexion temporelle entre lieux, personnes et sentiments. Un livre magique dans lequel les images et la musique flottent dans un brouillard indistinct perdu entre certitudes et doutes, souvenirs réels ou fictifs, preuves intangibles ou rêvées. Voyage en tout cas : voyage musical, temporel dans ce XVIII eme français et italien, spatial dans le Sud français et notamment dans le merveilleux village de Sisteron.
Verts acides, verts profonds, rouges indécents - bleus inatteignables, et accords délicieusement tempérés a l'ancienne, la poésie - d'abord lointain air d'autrefois, croit d'amplitude jusqu'à devenir symphonie enivrante et omniprésente, et ne s'évapore que lentement après avoir refermé le livre ...
samedi 25 juillet 2009
De la supériorité des femmes - Alexandre Lacroix

Alexandre a la trentaine, obsédé par le sexe et imbu de soi, insupportable souvent, sûr de lui à chaque fois. Il vit en couple avec Mathilde depuis 12 ans, dont il a un fils. Ils ont habité Paris, sont partis se couper du monde des années en Bourgogne, et les voilà de retour à Paris. Mais voilà ... un jour Mathilde quitte le poulpe qui ne pense qu'à "baiser", et celui-ci se plonge braguette ouverte dans le monde des femmes. Mais douze ans et un enfant ne laissent pas un homme indemne.Ce livre, c'est l'homme qui se réveille et qui comprend qu'il aime, sans toutefois pouvoir se passer du sexe. C'est le dédoublement du moi en la personne sociale : méprisante, libidineuse, tournée sur son propre plaisir, et la moi intime du couple : prête à assumer toutes les humiliations au nom d'un amour depuis longtemps détruit par la personne sociale, incroyablement endurante dans la privation, dans la torture, dans l'attente. C'est la cohabitation plus que le conflit de ces deux moi, qui chacun ont investit leur terrain.
Un livre dégoulinant de sexe à chaque page. Non, pas érotique, cru seulement. Sodomie, orgasme, masturbation, sucer, voilà les mots omniprésents dans ce texte. La blonde, la brune, où, comment, combien. Voilà l'action du livre. Quant à l'écriture, elle est la plupart du temps pauvre ; ponctuellement, on croise un adjectif pompeux ou vieilli, comme une planche de bois rescapée d'un naufrage. On se demande bien ce qu'il fait là, lui, le mot, lui Alexandre. Quelques références à la philisophie, à la psychanalyse. Rien de bien profond : ca ne va pas plus loin que l'introduction d'un cours de philosophie du secondaire. Toutefois, on en vient à se questionner vraiment sur les hommes ... et sur leur infériorité.
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